Pays de la suprême vanité (2015), verre, sérigraphie, 3 x 17.5 m. 
Projet d’art public gouvernemental réalisé en Chine, utilisant une fresque en sérigraphie pour interroger la vanité cachée sous les apparences d’une prospérité illusoire.
Cette œuvre puise ses inspirations dans Le Rêve dans le pavillon rouge (Hongloumeng), grand classique du XVIIIᵉ siècle écrit par Cao Xueqin, et plus particulièrement dans l’épisode du Taixu huanjing (太虚幻境), souvent traduit par « le Pays de l’Illusion suprême », « le Royaume de la Grande Vacuité illusoire » ou encore « le Monde illusoire du Grand Vide ». Il s’agit de l’un des passages les plus célèbres et les plus structurants du roman.
Dans ce chapitre, Jia Baoyu, jeune protagoniste du récit, entre dans un espace onirique sous la conduite d’une figure féminine céleste. Il y découvre un univers à la fois séduisant, symbolique et profondément métaphysique. Là, il consulte des registres, des poèmes et des chants qui annoncent de manière voilée le destin des femmes du roman, en particulier celui des jeunes filles du clan Jia. Le rêve mêle sensualité, révélation, allégorie et présage tragique. Sur le plan littéraire, ce chapitre est fondamental, car il condense la méthode même du roman : un tissage de rêve et de réalité, de symbolisme et de psychologie, de lyrisme et de critique du monde social. Il agit presque comme une miniature de toute l’œuvre, en lui donnant sa profondeur cosmologique, sa structure prophétique et sa tonalité tragique.
Mon œuvre publique Le Pays de la suprême vanité, installée à la station Wutang Guangchang du métro de Nankin, Chine, s’inspire de cet épisode fondateur. La composition met en scène Jia Baoyu déployant un rouleau d’où surgissent paysages, rochers et motifs symboliques du roman, dans une réalisation en verre sculpté coloré. Le choix de ce sujet ne relève pas d’une simple illustration narrative : il cherche plutôt à faire entrer, dans un espace public contemporain, une dimension de rêve, de révélation et de pressentiment du destin. Le projet tente ainsi de réactiver un imaginaire classique chinois en le traduisant dans une écriture visuelle plus contemporaine et plus ouverte, où se croisent références littéraires, théâtralité de l’image et sensibilité interculturelle. À travers cette œuvre, mon intention était de relier la tradition spirituelle et symbolique de la littérature chinoise à l’expérience moderne du passage, du mouvement et de la vie urbaine.
La série mémorielle de la fresque Le Pays de la suprême vanité, éditée par la Poste chinoise à l’occasion du premier projet lancé sous la marque « Crowdfunding Post Station », a été présentée dans le cadre de l’événement inaugural « Crowdfunding Era of Design » et du programme thématique intitulé « 500 cartes postales de 50 designers ». 
En 2014, cette initiative a réuni 500 cartes postales originales conçues par 50 jeunes designers chinois émergents, publiées en tirage limité à seulement 1 000 exemplaires. 
Parallèlement, durant le Beijing Design Week (BJDW), ces cartes postales ont été exposées et mises en vente pendant une semaine dans plusieurs lieux, notamment à 751, Yandaixiejie, Qianmen Street et Dashilan, avec une exposition principale au Beijing 751D-PARK.
La série mémorielle de la fresque Le Pays de la suprême vanité (2015), © Dali Wu. Cliquez sur les images pour les agrandir.
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